Hors catégorie / Remerciements

Publié le par yal

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Quand a commencé cette joyeuse aventure qui consistait à faire mes gammes à travers une marche sur les contours de Bretagne , je n'avais pas programmé à quel point ce regard un peu détaché et surtout impersonnel allait toucher des gens aux profils aussi variés et pour des raisons aussi différentes . Car bien sûr , la Bretagne n'est qu'un prétexte à exprimer bien d'autres choses . Alors je reçois souvent des mails particulièrement touchants de sympathie , ou des courriers destinés à me remercier pour des moments passés . Pour exemple cet origami des plus complexes à échafauder puisqu'on pourra même y lire ma signature en relief (!) , sur ce support qui n'est autre que mon dernier tome 9 . Cadeau spontanément offert par l'artiste Marc Vandeur dont vous pourrez voir le délicat travail ici : http://origalivres.tumblr.com

Et puis il y a ce poème , reçu par mail suite à ma venue à la foire du livre de Bruxelles . Poème envoyé spontanément par un Monsieur Cantala qui , touché par cette suite de pages exposées sur le stand , s'est appliqué à écrire ces quelques lignes ... des plus touchantes n'est ce pas ? : 

Au peintre breton Yann Lesacher, avec toute ma gratitude pour tant de beauté.

YAL-ONS-Y.

Ce matin, j’errais, Foire du livre,
Flânant parmi les univers rêvés,
Et les mondes, sages ou bien ivres,
Mis en papiers et en textes gravés,
J’allais ainsi, bien heureux de vivre,
Le cœur en paix et les yeux aiguisés.

Quand tout à coup, par-dessus un long plan,
De paysages de franches couleurs,
De puissantes bourrasques du Ponant,
Me sautèrent aux yeux, formidables heurts,
De mer, de rocs, de nues, de brisants,
Bretagne bondit sur ma grève-cœur.

D’abord vint un chien, trottant sur l’estran,
D’horizons gris et bleus aux gargouilles,
Parsemés de rochers aux sables blancs,
De vieux cafés-livres qui se mouillent,
De pages qui tournent en coups de vent,
En rond’ de chalutiers qui farfouillent.

Le doigt de Saint Jean se mit à peindre,
Des tadornes, des mouett’, des courlis,
Qui rigolaient aux blagues du peintre,
Des plongeurs aussi, des pizaioli,
Et le terminus où s’en vont geindre,
Les chalutiers sans le moindre roulis.

Et toujours plus loin, des rocs hérissés,
Éclatés d’ors, de brun et de rose,
Et l’océan fou aux sabres dressés,
Qui crache, hurle et point se repose,
Bat les môles gris que l’homm’ a jetés,
De lames livides qui m’ankylosent.

Le souffle coupé, las, je m’arrête,
Je m’ébroue là comme un chien noyé,
Je n’irai pas plus loin dans ma quête ;
Car mes yeux lavés et délavés,
Dans cet horizon que rien n’arrête,
Yal-le-Breton, tu m’as fait voyager.

Demain, je reprendrai, c’est mon dessein,
Un autre de tes livres-dessins,
À la gouache, au crayon ou au fusain.

G. Cantala. 

Donc grand merci à ces gens aux profils si différents , qui reconnaissent en ce travail un intérêt particulier , loin des cercles artistiques fermés , merci aux colporteurs de mes ragots qui sont nombreux sur ce réseau . Je fais ce travail sans concession et en toute indépendance . Cette liberté est rare et perdure grâce à vous !

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A
Chaque matin, j'ouvre Internet et je cherche et trouve ma bouffée de rire et/ou de bonheur qui me fait démarrer la journée du bon pied (marin !!). Merci à vous.
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V
Bel et touchant hommage.
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M
"Loin des cercles artistiques fermés" et j'ajouterai "paniers de crabes" bien souvent."Oh mais dans cet endroit on ne prend pas n'importe qui" m'a dit dernièrement une peintresse qui exposait dans l'endroit en question et qui était venue se rincer la dalle lors d'un vernissage local. Bravo, bravo Yal de savoir garder cette liberté de travail.
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Y
Comme je parlais de milieux fermés, je pensais davantage aux cloisonnements , aux artistes qui se séparent les uns des autres en créant des sectes " carnettistes , aquarellistes , plasticiens ( les plus drôles ) , pastellistes , graffeurs , auteurs de BD , dessinateurs de presse, "Urban Sketchers", etc ... chacun vivant dans un monde qui les rassure et où ils sont sûrs de se reconnaitre et de s' apprécier entre eux .
C
Très beau poème !
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